A 40 km au sud de Dijon, Beaune est un des carrefours autoroutiers les plus importants d’Europe. Pas de problèmes, pour rejoindre la ville. Au choix : l’A6 (Paris), l’A31 (nord de la France) et l’A36 (est et Suisse), la N74 (Langres, Dijon), la D19 et la D973. Une gare TGV. Si Dijon est aux yeux du monde la capitale de la Bourgogne, Beaune n’en demeure pas moins celle du bourgogne : à chacune sa gloire, mais il reste une indéniable rivalité entre les deux cités ! Beaune tirerait son nom de Bélen ou Belenos, nom d’une source à qui la population celte vouait un culte, indéracinable même quand César en personne décida d’imposer son panthéon romain en faisant prier pour l’Apollon. Ceux que l’on ne nomme pas encore Beaunois font de la résistance, leurs druides en tête ! Le christianisme aura plus de succès, grâce à saint Martin. Un premier autel est élevé sur le site de la source, façon adroite de s’attacher les faveurs des gens du pays. Bien plus tard, c’est l’image de la Vierge Marie et de son enfant qui fera les beaux jours des habitants. Ceux-ci auront soin de donner une couleur locale à sa célébration. Ils imposent à la main de la mère du Christ une grappe de raisin ! Beaune devient une ville riche au Moyen Age, avec ses belles maisons, son conseil municipal, ses bourgeois. Elle se fait une spécialité des réceptions et des entrées royales pour accueillir les ducs de Bourgogne, les grands du royaume et, plus tard encore, Louis XIV, Anne d’Autriche ou Christine de Suède. Carillonnades, cortèges et banquets fastueux sont organisés. Il s’en fut de peu pour que Beaune devienne la première ville du duché. Les Valois offrent à la ville de riches présents, comme le beffroi et son horloge. Le chancelier Rolin construira ici les hospices. Le vin de Beaune fait déjà autorité dans toutes les cours d’Occident. Lorsque la Bourgogne revient à la couronne, Dijon se plie aux exigences royales, mais Beaune se rebelle. Elle y perdra, au profit de sa rivale voisine, le statut de capitale de province. Le parlement s’installe définitivement à Dijon. Il ne reste plus à Beaune qu’à se consacrer à sa tranquille vie de cité aisée et à ses crus. Ces derniers trouveront, avec les négociants des XVIIe et XVIIIe siècles, les meilleurs ambassadeurs. Se constituent alors de véritables empires du vin, qui exportent dans toute l’Europe. Pour les plus renommés, les descendants de ces grandes familles sont encore en activité aujourd’hui.