Au sud-est du département de la Creuse, à 394 kilomètres de Paris, 89 kilomètres de Clermont-Ferrand, 43 kilomètres de Guéret, 86 kilomètres de Limoges, 63 kilomètres de Montluçon, 106 kilomètres de Tulle. 4 662 habitants : les Aubussonnais.
Aubusson, capitale de la tapisserie. A Aubusson, six siècles de tapisserie vous contemplent. Mais, en ce qui concerne l’origine, il y a l’histoire et la légende. Côté légende, ce serait les Sarrasins, défaits après la bataille de Poitiers en 732, alors installés sur les bords de la Creuse, qui auraient introduit cette tradition. Ils auraient trouvé là une eau pure et la laine des moutons pour le tissage. Une seule certitude, l’existence de moulins à drap, dès cette époque. C’est à Felletin en tout cas que les premiers noms de tapissiers émergent : Jacques Bonnyn en 1457 et Jean Béraigne en 1473. Les ateliers des Gobelins, des Flandres, de Mortlake ou de Florence rivalisent en produisant des pièces somptueuses. Mais ce sont dans les ateliers marchois que la production se perpétue et s’intensifie. Il faut dire encore qu’il est toujours extrêmement difficile de reconnaître l’origine des tapisseries du XVe siècle et même de celles du XVIe siècle. Les pièces de cette époque représentent des verdures à grandes feuilles, puis viennent les figures de preux et vers le milieu du XVIe siècle, des épisodes bibliques et mythologiques et des scènes de chasse. Certains travaux prennent alors des airs de famille, avec les tapisseries d’Audenarde en Belgique, ce qui laisse penser à une émigration des lissiers flamands au XVIe siècle vers la terre marchoise. D’où l’hypothèse de l’origine de l’adoption du métier horizontal, dit de basse-lisse. En 1665, les travaux de tapisserie sont essaimés dans les hameaux voisins et bénéficient de la faveur royale. Ils obtiennent alors le titre de Manufacture royale, et le même privilège est accordé à Felletin en 1689 alors que la concurrence s’installe entre les deux villes. C’est de cette époque que naissent pour Felletin les tapisseries à la lisière brune et pour Aubusson les tapisseries à la lisière bleue. Le faste arrive avec le siècle des Lumières. Aubusson se distingue en employant des couleurs plus vives. Les temps changent et la Révolution stoppe l’engouement. Au XIXe siècle, la mode du tapis de pied dit "ras d’Aubusson" ravive la notoriété. En 1884, l’Etat implante l'Ecole nationale des arts décoratifs à Aubusson.