"Qui a maison A Uzerche, a château en Limousin". Ce dicton en dit assez sur la prestance de la cité qui surplombe une boucle de la Vézère. Sa position élevée l’indique : Uzerche fut d’abord une forteresse. Ses armes et sa devise remontent aux invasions sarrasines du VIIe siècle. Battus par Charles Martel à Poitiers, les Sarrasins se replièrent sur l’Aquitaine et firent le siège d’Uzerche. La légende dit que, pour se débarrasser de leurs agresseurs, les habitants lâchèrent le dernier veau gras qu’ils possédaient. Croyant avoir affaire à une population assez riche pour résister durant un siècle, les Sarrasins préférèrent plier bagage. La ruse était grossière, mais elle fonctionna ! Les armoiries rappellent l’épisode : deux taureaux et trois épis de blé. On ne sait pas si les villageois utilisèrent le même stratagème à chaque invasion, mais Uzerche ne fut jamais prise (le roi de France Charles V lui permit d’ajouter trois fleurs de lys à ses armes pour saluer sa résistance contre les Anglais en 1374). D’où son surnom de cité Pucelle et la devise "non polluta" qui orne son blason. De forteresse, Uzerche devint ensuite ville résidentielle, comme en témoignent les nombreuses demeures nobles ; les seigneurs des alentours venaient y passer les saisons froides. Etagée, flanquée de tours et d’une flèche, Uzerche a été comparée à un Mont-Saint-Michel sans mer ni sable.
Elle fut aussi le berceau de deux troubadours : Uc de la Bachellerie et Gaucelm Faidit. Celui-ci, ruiné par son penchant pour les jeux d’argent, partit aux croisades sous les armes du marquis de Montferrat. Son poème le plus célèbre relate la mort de Richard Cœur de Lion.