Une maxime résume ce que fut la puissante vicomté de Turenne : "Pompadour pompe, Ventadour vente, Turenne règne". Fief médiéval de haute lignée, Turenne compte moins de 800 habitants, mais on estime à 3 000 leur nombre aux XIe et XIIe siècles. Les vicomtes de Turenne étaient d’une des plus puissantes familles du Limousin, et de nombreux fonctionnaires possédaient dans le village de riches demeures. A la fin du XVe siècle, la vicomté de Turenne regroupait le tiers du Bas-Limousin ainsi que le Haut-Quercy et le Sarladais. Atteinte d’une frénésie de conquête, la famille de Turenne avait pris 1 200 villages et 11 paroisses, régnant ainsi sur plus de 100 000 âmes. Les seigneurs de Turenne jouissaient de privilèges importants : ils levaient l’impôt, mais n’en versaient pas au roi de France, ils battaient leur propre monnaie. La vicomté fut dominée successivement par les Comborn, les Comminges, les Rogier de Beaufort (qui donnèrent deux papes) et les La Tour d’Auvergne. Henri de La Tour d’Auvergne, maître des huguenots, fut lieutenant d’Henri IV. Au XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIV, Henri, cadet de la famille, surnommé "Le Grand Turenne" s’illustra et fut maréchal de France, tandis que l’aîné, héritier de la vicomté, participait à la Fronde. Il fallut attendre 1738 pour que la vicomté soit rachetée par Louis XV à Charles Godefroy de Turenne, couvert de dettes. Les impôts furent immédiatement multipliés par dix ! La route qui mène au château est bordée de belles demeures, dont la maison Tournadour, ancien grenier à sel de la ville. Après le calvaire, on atteint la porte fortifiée de la seconde des trois enceintes. A droite, la maison du sénéchal et à gauche la chapelle des Capucins en contrebas de laquelle prend place le quartier Saint-Paul, avec son ermitage et sa fontaine à dévotions. La place de la Halle est ceinte de belles demeures. |