Montluçon est une mosaïque de faubourgs, aussi divers que typiques. Chacun d’eux a son caractère, son paysage, ses frontières, sa poésie. Chacun d’eux est une invitation à la balade rêveuse, piétonne de préférence. Le promeneur découvrira, au fil des rues, au détour d’une place, des paysages urbains très différents : le Dienat, le Marais, Cité Pre Gene, les Guineberts, Rimard… Tous les quartiers de la rive gauche du Cher ont connu leur développement au XIXe siècle, avec l’achèvement du canal du Berry et l’apparition du chemin de fer. Ville Gozet, emblématique de l’histoire sociale de la ville – c’est ici qu’est née l’idée du 1er mai chômé – mérite une attention particulière. Il doit son nom à un cabaretier qui y ouvrit boutique, en 1838. Gozet était à l’origine un tailleur établi au bout du pont, face à la vieille ville. De son vrai nom, Jean Lebourg, le commerçant transforma peu à peu son officine en bistrot. La langue bien pendue et le verbe haut, il reçut de ses clients le surnom de Gozet. Le nom de Ville Gozet fut officialisé en 1879, dix ans après la mort de Jean Lebourg. Dans le dernier quart du XIXe siècle, le quartier prospéra au point de posséder son église, ses écoles, sa propre gare et son édifice communal. Place Jean-Dormoy, entourée de vingt-quatre tulipiers de Virginie, l’église Saint-Paul, œuvre de Louis-Auguste Bolleau, se remarque par son ossature d’acier, rarissime en France. La ville de Montluçon a entrepris des travaux de rénovation qui consistent en la reconstruction complète du clocher suivant les dispositions originelles. Avec sa flèche, son assise, les quatre clochetons d’angles, les deux tourelles nord et sud, en pierre de taille de Richemont et la couverture en ardoise d’Angers de toutes les toitures hautes. A l’intérieur, une révision complète de l’armature métallique et la réfection des voûtes seront entreprises. |