Ouverte début juin, cette adresse est l’un des coups de cœur et des coups de soleil de cette édition. Dans une mignonne salle nappée de Madras, et soigneusement décorée de souvenirs de Guyane (papillons rares, cartes postales, fruits exotiques, etc.), on est en Guyane, au cœur de Bordeaux, à deux pas de la place de la Victoire. Déjà bien dans l’ambiance, on attache sa ceinture (virtuelle) en sirotant un authentique rhum guyanais “La Belle Cabresse”, et l’on décolle pour un voyage plein de saveurs finement épicées, de produits étonnamment goûteux (igname, patate douce, dachine) et de plats méconnus des métropolitains. Ils ont ici la chance d’y goûter, dans l’unique restaurant guyanais d’Aquitaine, précise l’épouse du chef de cuisine guyanais François, pleine d’attentions en salle. Parmi les spécialités de la maison, la salade du boucanier (un délice !) à base de poulet fumé cuit dans un mélange secret d’épices et servi dans son petit pain. Le chef a d’autres recettes pour rallier les appétits à la cause de sa gastronomie natale, dont la fameuse brochette de bœuf sauce saté (soja, caramel, gingembre, etc.), le remarquable Nassi, un plat surinamien très populaire en Guyane (poulet fricassé, petits foies pimentés concombres piquants et riz cuisiné), ou encore la pimentade de poisson. Le tout cuisiné avec passion et un petit peu de piment “Bandaman”, qui ajoute un je ne sais quoi de subtilement envoûtant. Le temps de “mijotage” de certains plats laisse songeur. Ainsi, le fameux bouillon d’awara, traditionnellement servi à Pâques et qui nécessite pas moins de 5h30 de petits bouillons... Mais plutôt que d’attendre Pâques ou la Trinité, c’est ici et maintenant qu’il faut goûter ces saveurs. La crème brûlée coco finit ce long courrier avec douceur, à moins qu’un cocktail à base de rhum nous mette définitivement sur orbite, au départ de Kourou ! Qualité, originalité, plus qu’une tendance, une appétence ! |