Ce nouvel établissement, ouvert précisément le 8 juin 2005 sacrifie gentiment aux poncifs de la restauration tendance. Comme c’est plutôt bien fait et joli, on se laisse prendre au jeu des figures imposées par l’air du temps, dont celle des produits du Sud-Ouest mâtinés d’influences asiatiques. Ainsi, on goûte la tarte fine au foie poêlé au gingembre confit, la salade de poissons façon japonaise, l’émincé de magret sauce pékinoise et riz parfumé, le pavé de morue fraîche sauce aigre douce et légumes croquants ou encore l’ananas flambé aux pétales de rose. Viennent aussi, pour les plus traditionnels des convives, la zarzuela - une recette espagnole sous la forme de marmite de poissons et coquillages cuits dans leur jus et flambés (30 !) - mais aussi la côte de bœuf d’un kilogramme pour deux (37 !), le pavé de thon rouge, ou encore “l’indispensable” fondant au chocolat, ici accompagné de crème anglaise au thé vert, une variation tendance certes, mais qui a le mérite du “peu vu” à Bordeaux. L’investissement au niveau du décor est remarquable : murs en pierre mis à nu, dallage traditionnel, éclairage sophistiqué, voire à la colorimétrie (!) variable, et équipement hi-fi innovant de la marque Bose, qui diffuse de la musique “dans le coup”, comme disent ceux qui n’y sont justement plus. Le bar diffuse lui une belle variété de whisky et la cave des bordeaux (mais pas seulement) spécialement débusqués par le maître des lieux auprès de vignerons des appellations sauternes, graves, Saint-Emilion ou encore Saint-Estèphe. Que tous ces saints soient remerciés, ce qui est tout trouvé dans une adresse nommée d’après un épisode biblique. Vue sur les quais et sur le pont de Pierre remarquable depuis la terrasse. |