C’est chose amplement faite, avec une salle de restaurant déménagée du 1er étage au rez-de-chaussée, avec vues (par des hublots et autres astucieuses percées) sur les bambous devançant le lac de Bordeaux. Bois laqué noir pour le mobilier, et blanc immaculé de la vaisselle contemporaine, des sets de table et des épaisses serviettes. Le ton chic est donné. Il est renforcé par le nom du consultant : le chef Jean-Marie Amat, qui a infusé ses idées, mises en application par Frédéric Coiffe, le chef de l’hôtel. On goûte une carte aux produits rassurants, mais préparés avec un “je ne sais quoi” de tendance. Ainsi, les asperges vertes sont servies tièdes avec des copeaux de parmesan et de jambon espagnol Coche, la tête de veau est émincée finement en carpaccio sauce ravigote, la morue est pochée et accompagnée de sa brandade aux courgettes, le morceau d’épaule d’agneau est lui tout bonnement longuement rôti au four... avec ses pommes de terre au jus. Le menu du marché se porte bien également, avec ses tricandilles à la bordelaise, et son clafoutis aux cerises “comme à la campagne”. Qui aurait pensé que dans ce décor élégant, à la limite du magazine sur papier glacé, on goûterait des mets si champêtres ? |