Comme il existe un pictogramme “nouveau” pour signaler les petits jeunots dans le guide, il faudrait un picto “ancien” pour les ancêtres. Car si la nouveauté n’est pas une qualité en soi, l’ancienneté si. Avoir traversé les décennies, voir les siècles et satisfait des centaines de chalands, clients puis consommateurs, voilà qui mérite d’être salué. “Au Sanglier de Russie” existe depuis 1873. C’est le grand-père d’Olivier Darnault, actuellement à la tête de la boutique, qui installa l’activité sur le tout nouveau cours Alsace et Lorraine. Epoque à laquelle la Russie est “leader” sur le marché des poils destinés à la fabrication de pinceaux et autres ustensiles poilus. On peut certes visiter l’établissement comme un monument historique, mais il serait étonnant de ne pas en repartir avec un sac au bras. En effet, la richesse des accessoires de tous poils est encyclopédique, pour ne pas dire vertigineuse : brosses à dents, pinceaux pour la peinture ou pour le maquillage, brosses à cheveux pour toutes sortes de chevelures, de celle du bébé à celle du papé, et bien entendu les fameux blaireaux. On peut les acheter en coffret avec le savon à barbe (essayez Messieurs, c’est autre chose que le gel en bombe, pour la peau comme pour l’esthétique du geste), et accompagnés d’un rasoir et de lames. La boutique est bien entendu dans son jus mais impeccable, et le savoir-faire et le conseil sont remarquables. A découvrir sans attendre un siècle ! |