Cette magnifique cité médiévale fut fondée au VIIIe siècle, par un moine breton : Emilian. Né dans le Morbihan, ce boulanger fort croyant oeuvrait au service d’un puissant seigneur. Ce dernier lui reprocha un jour de faire des aumônes trop généreuses. Dieu intervint alors pour transformer les pains qu’il cachait sous son manteau en morceaux de bois. Ce miracle le rendit célèbre et Emilian choisit de fuir la notoriété. Il se rendit à Royan où il devint moine bénédictin. Il vint ensuite s’installer sur la route de la Dordogne, dans une grotte où il vécut 17 ans. D’autres hommes se joignirent à lui et fondèrent l’actuelle cité. Ainsi, au XIIe siècle, les Bénédictins ont entrepris de creuser l’église monolithe, une oeuvre monumentale qui demanda un siècle de travail.
Au XIIe siècle, Saint-Emilion est devenue une puissante cité, défendue par 2 km de remparts, six portes et un donjon-citadelle qui porte toujours le nom de tour du Roy. A cette époque déjà, ses vins connaissaient une grande renommée, notamment auprès de la couronne d’Angleterre. Les guerres franco-anglaises, puis de Religion, n’ont pas épargné les monuments de la ville. La Révolution a marqué la fin de la domination religieuse, très forte à Saint-Emilion.
Aujourd’hui, l’architecture de ce bourg fortifié, construit en amphithéâtre dans une combe calcaire, reste tout à fait exceptionnelle. Vous pourrez le constater depuis la terrasse de la tour Saint-Georges qui domine la cité et le vignoble. L’inscription de la juridiction de Saint-Emilion et de ses huit communes au patrimoine mondial de l’UNESCO est exceptionnelle. C’est en effet la première fois que cet organisme classe un territoire viticole. Une preuve supplémentaire du remarquable ensemble de paysages viticoles et de monuments historiques du site de Saint-Emilion.