Toul vient d’un ancien mot gaulois, « tol », qui signifie « pierre, éminence ». C’est dire l’ancienneté de cette ville, déjà occupée par des peuples néolithiques, avant de devenir la capitale fortifiée des Leuques, que César nous a décrite. Point fort de la colonisation romaine, la ville deviendra rapidement siège d’un évêché avant de revenir au Saint Empire romain germanique lors du partage de l’ancienne Lotharingie. Les empereurs saxons désirant s’appuyer sur l’Eglise pour contrer les ambitions personnelles des grands laïcs, les évêques, nommés par l’empereur, bénéficieront de nombreux dons et avantages qui feront la puissance et la richesse de la ville de Toul, comme celles des deux autres évêchés lorrains : Metz et Verdun. La fondation, juste à côté de Toul, de la place forte de Nancy par le duc Gérard d’Alsace, puis celle du château de Gondreville par Mathieu Ier, sans oublier la puissance sans cesse accrue des comtes de Bar, n’allaient pas tarder à briser l’essor de l’évêché de Toul. A compter du XIIIe siècle, l’influence française ne cesse de s’affermir contre celle de l’Empire et des ducs, soutenue en cela par la communauté des langues (romane contre gothique) et la fine politique de Philippe le Bel, qui fait entrer dans l’orbite du royaume le Barrois et le Verdunois. Cette influence grandit au point que le chapitre de la cathédrale de Toul se met sous la garde du roi de France en 1300, suivi par les citadins cinq ans plus tard. Dès lors, Toul regardera définitivement vers la France, et sera purement et simplement annexée par Louis XI à la fin de la guerre contre les Bourguignons en 1504. Brièvement reconquise par le duc de Lorraine pendant les guerres de Religion, la ville sera restituée en 1595 par le traité de Folembray. Une nouvelle ère s’ouvre alors. Face à l’indépendance farouche du duché, les Trois-Evêchés devenus français sont transformés en forteresses pour faire obstacle aux Habsbourg. A Toul, Vauban fait abattre les anciens remparts et construire l’actuelle enceinte pour installer une importante garnison, et pour finir le diocèse est démembré en 1775 au profit de Saint-Dié et de Nancy. Epargnée par la guerre de Trente Ans, les campagnes napoléoniennes, la guerre de 1870 et les derniers conflits de 1914 et de 1939-1945, la ville a conservé derrière ses remparts tout son cachet et mérite d’être parcourue à pied, pour découvrir ses monuments intacts et ses nombreuses maisons Renaissance qui se pressent le long de ses étroites ruelles. Toul est au centre d’une région principalement agricole. En effet, c’est une des rares parties de la Meurthe-et-Moselle qui ait gardé sa tradition vinicole. On découvre donc les beaux paysages et les monuments avec un petit verre à la main rempli de vin de Toul, au goût légèrement fruité.