La ville de Pont-à-Mousson tire son nom d’un pont lancé au XIe siècle sur la Moselle en cet endroit, afin de relier le comté de Bar au château de Mousson, que les comtes venaient nouvellement d’acquérir. En 1217, une maison-Dieu est fondée par des moines de l’ordre de Saint-Antoine, et quelques maisons se construisent autour pour former la ville primitive, que l’on appelle alors « ville du Pont-Saint-Antoine ». Conscient de l’enjeu stratégique de ce point situé au carrefour est-ouest de l’axe mosellan, le comte Thibault II de Bar favorise l’extension de la ville sur la rive gauche, la faisant fortifier et affranchir (1261). Confirmant ces privilèges, l’empereur Charles IV de Bohème érige même la ville en marquisat, avant d’en faire une cité d’Empire (1372), statut qui la protégeait des attaques des Messins qui voyaient une entrave commerciale dans cette rivale qui leur barrait la route du Sud. Dès lors, la cité ne fit que croître en influence et en renom. C’est en 1572 que le pape, Grégoire XIII, autorise la fondation d’une université et d’un collège à Pont-à-Mousson. En effet, la Réforme est aux portes de la Lorraine, et le cardinal de Reims, Charles de Lorraine et son très catholique cousin le duc Charles III, souhaitaient y mettre un frein. Pendant deux siècles, l’université qui enseigne la théologie, la médecine, les arts et le droit, travaillera au relèvement intellectuel et religieux du pays, accueillant des étudiants de toute l’Europe. Attirés par son rayonnement, de nombreux ordres religieux viendront s’établir à Pont-à-Mousson, faisant de la ville, un centre actif de la foi catholique.