Les poètes nomment cela la Pangée : la Terre de toutes les terres, celle qui les contiendrait toutes. Une Terre d’avant l’Histoire. Eddy’s Ghetto c’est cela, un monde qui contient tous les mondes, un arbre dont les branches sont des racines célestes et vont courir partout sur la voûte pour s’enrichir des substances de l’ailleurs. Au ciel donc, des nervures de guirlandes pour dire les étoiles, sur les murs des teintes de terre, d’argile et d’ocres et les patchworks du monde. Et sur les tables des sets en tissus froissés font une mosaïque dans laquelle on retrouve les sables blancs du Kalahari, les mauves de l’Atlas au couchant ou les rouges feu des camps nomades. On est Ulysse qui fait un long voyage et se régale des miels et des amandes faisant le charme du mrouzia d’agneau. On erre de bonheur d’Amérique du Nord en Muraille de Chine, testant ici un tartare de bœuf riche en épices pimentées et là un canard mariné servi avec un petit pain à la vapeur et une subtile sauce aux prunes. On sourit de béatitude gourmande aux desserts, couscous tiède sucré aux fruits secs ou croque-monsieur où banane, gingembre, cannelle et lait Nestlé font un ravissant mélange. On se laisse envoûter par les crus divers, les vins blancs fruités d’Argentine ou du Chili et ceux liquoreux de la proche Roumanie. La famille Wohmann a su réinventer une ode à la diversité, un magnifique hymne à la joie universelle. |