Nous aimons découvrir Mulhouse car elle est, à la fois, ville industrielle par excellence et cité historique. Son patrimoine industriel a été intelligemment mis en valeur, grâce à des musées prestigieux, l’élevant au rang de premier pôle de musées techniques d’Europe, notamment avec son musée de l’Automobile, la plus belle et la plus grande collection de voitures au monde. Quant à son histoire, elle se concentre dans le charme du centre-ville, à découvrir, à pied, de préférence par le sentier du Vieux-Mulhouse. Les lieux de détente, de découverte, de loisirs culturels d’une très grande diversité, viennent agrémenter la vie des quelque 235 000 Mulhousiens et des nombreux touristes. Nous vous proposons de découvrir l’histoire singulière, animée par le génie humain, de celle qui fut, au XIXe siècle, le»Manchester français». Mentionnée pour la première fois en 803, Mulhouse naît sur un site souvent inondé. Elle ne change pas de lieu pour autant et tourne l’inconvénient à son avantage, en installant un moulin et jetant, ainsi, les bases d’une activité économique et son nom de baptême (mul : moulin, house, maison). D’ailleurs les armoiries de la ville ont conservé comme symbole la roue à huit aubes du moulin. La main de l’homme a ingénieusement frappé et ce n’est que le début d’une longue histoire économique assez exemplaire. L’empereur germanique, Frédéric Ier Barberousse fera de Mulhouse une véritable cité. Dès 1308, son statut de ville d’Empire lui assure une quasi-indépendance. Elle se lie aux neuf villes les plus libres d’Alsace, formant ainsi la «décapole» qu’elle quittera en 1515 pour s’allier avec les cantons suisses, tout en conservant l’exonération des droits de barrières douanières. Son statut de canton allié la préservera des conflits qui règnent en Alsace, notamment de la guerre de Trente Ans pendant laquelle elle continuera à s’enrichir. La religion réformée adoptée par la ville en 1523, en se ralliant aux thèses d’Ulrich Zwingli, grande figure de la réforme, lui imposera des règles de vie très strictes mais l’incitera constamment à l’effort. Il faut savoir qu’à cette même époque, le nord de l’Alsace se rapproche de la ligne luthérienne et que le sud reste catholique.