
Qui n’a pas rêvé de rendre visite un jour à la Cidade Maravilhosa (la Ville Merveilleuse, ainsi auto-proclamée par ses habitants), à ses plages de rêve, à sa samba entraînante, à son mythique carnaval, à son football champagne ? Rio, c’est, bien sûr, le Christ Rédempteur ou le Pain de Sucre et leurs panoramas dantesques, c’est la folie du Carnaval en février, le vacarme des jours de fête et la langueur des soirs dans les kiosques qui bordent les plages. Ce sont aussi les saveurs exotiques d’une extraordinaire variété de fruits ainsi qu’un plat brésilien, quotidien et omniprésent, la feijoda. C’est, enfin, le Carioca opulent et jet-setter, aux lunettes de soleil du dernier chic, faisant son footing citadin, voisin paradoxal d’un autre Carioca, habitant de l'immense et délabrée Rocinha, pauvre depuis des générations et dont la situation ne s'améliore que bien trop lentement.Voici donc une ville pour les voyageurs curieux et insatiables, et qui ne laisse personne indifférent. Blaise Cendrars n'a t-il pas dit qu’il y avait appris à se « méfier de la logique », et Stefan Zweig ne lui a t-il pas attribué le statut de "plus belle ville au monde" ?
Symbole international du Brésil, Rio de Janeiro est à la fois un concentré de Brésil et une ville à part. Disons pour simplifier que Rio est au Brésil ce que Paris est à la France : capitale culturelle et touristique, vitrine du pays à l'international, une des plus belles villes du monde, des habitants à la personnalité bien marquée.
"Il n'y pas de ville plus belle au monde, et aucune n'est aussi inépuisable et aussi inextricable. On ne finit jamais de la découvrir. La mer a formé des zigzags étranges de ses côtes et la montagne a dressé des écrans prodigieux." La découverte de Rio par Stefan Zweig en 1940 exprime mieux que quiconque la magie du lieu, cet incroyable enchevêtrement de plages de sable fin, de morros verdoyants (les montagnes entourant la ville), de parcs enchanteurs (celui de la forêt de Tijuca est le plus grand parc urbain du monde, avec ses 3300 hectares de forêt Atlantique) et de zones urbaines surpeuplées.
Vous apprécierez très vite la gentillesse et l'ouverture d'esprit des Cariocas, leur tendance à parler durant des heures devant une bière ou tout simplement devant le pas de leur porte. L’amitié vous sera donnée facilement et dès les premières rencontres. Vous pourrez être amené (e) à rencontrer un ou une Brésilien (ne) qui vous accompagnera plusieurs jours comme si vous étiez des ami (e) s de longue date, pour le simple plaisir de vous montrer sa ville et son pays. Vous rencontrerez des taxis qui exalteront les talents de leur équipe de foot préférée (voir "La passion du football") ou de leurs chanteurs de MPB (Musique Populaire Brésilienne) favoris. Cependant les promesses de rendez-vous futurs ne sont pas forcément tenues : les Cariocas vivent aussi d’amitiés passagères. Vous pourrez vous faire des amis très rapidement, mais les perdre tout aussi vite. « A gente se fala », qui équivaut à notre « on s’appelle », signifie « à plus… peut-être ».
Il y a une bonne chance que ce soit l’un de vos objectifs, car près d’un tiers des touristes qui visitent le Brésil au cours de l’année le font pendant cette période, au coeur de l'été tropical. Le carnaval de Rio est la plus grande manifestation populaire au monde. Les principaux temps forts en sont les défilés des écoles de samba, les blocos de rua (défilés de rues) et les bals populaires. Durant quatre jours, la samba est reine, les corps ondulent au rythme des mélodies des principaux blocos, la cerveja gelada (bière glacée) coule à flots, la folie collective qui s'empare de la ville ne cessant qu'au soir de Mardi-Gras.
La musique joue un rôle fondamental dans la culture brésilienne. A Rio, comme dans le reste du pays, tout le monde est un peu musicien ou mélomane. La samba et la bossa-nova sont nées et ont grandi à Rio. Elles sont concurrencées par les nouveaux rythmes du reste du pays, comme l’axé-music de Salvador, le forró de Recife ou le sertanejo de l’intérieur de São Paulo. Le traditionnel chorinho revient en force, porté par le retour d’une certaine samba "traditionnelle", par opposition avec les "sambas de carnaval", plus rapides et considérées par beaucoup comme ayant perdu en authenticité pour des raisons commerciales. La bossa-nova, ce mélange parfait entre des accords d’influence jazzy et un rythme ralenti issu de la samba brésilienne, symbolise la nonchalance et la douceur de vivre caractéristique de Rio.
Le sport favori des Brésiliens : tous veulent devenir Pelé, Ronaldo ou Ronaldinho. Vous ne pouvez pas venir à Rio sans assister à un match dans les stades (le Maracanã ou l'Engenhão), dans les parcs, sur la plage, dans la rue, à la pause déjeuner. Le dimanche, c'est foot obligatoire, il y a toujours une équipe de Rio qui joue. C’est un sujet national, qui occupe toutes les conversations, rassemble et oppose, lie et délie les amitiés. Le football brésilien serait né à Rio, mais c’est un étudiant anglais qui y aurait introduit deux ballons de football et un exemplaire des règles du jeu, lors d’un séjour au début du XXe siècle. Ce fut le coup de foudre ! Le Brésil est devenu la plus grande nation du football, avec son record de victoires en Coupe du Monde, et le pays de Pelé, sacré à plusieurs reprises le sportif du siècle.
Au-delà des clichés plage, samba et football, les Etats de Rio, et surtout du Minas Gerais, regorgent de pépites culturelles et architecturales héritées de la grande épopée de l'Or du XVIIIème siècle : Paraty, Ouro Preto, Diamantina, Congonhas ou Tiradentes sont autant de trésors coloniaux incroyablement bien préservés qui plongent le visiteur au coeur de l'Histoire. Chacune de ces cités-étapes composent l'Estrada Real, cette route qui reliaient les lieux d'extraction du minérai roi avec la côte, d'où partait les bateaux richement chargés vers la mère patrie portugaise. Pouvoir marier les plaisirs de l'une des plus belles mers du monde (Rio, Ilha Grande, Buzios...) avec la richesse culturelle de Paraty ou d'Ouro Preto, c'est ça aussi la magie de ces lieux !
