Mathilde, veuve de Frédéric III seigneur de Pettau, a fait don de la terre aux dominicains en 1230. Originaires de Carinthie, ils s’installent un an plus tard sous le domaine du château. Le monastère n’est que partiellement achevé et l’église, érigée en 1252, ne possède qu’une nef et un chœur très long, conformément aux règles de cet ordre, le premier à s’établir à Ptuj. Deux rénovations changent son aspect. La première, au milieu du XIVe siècle, suite à l’incendie de 1302. Dans le cloître, la fresque des dominicains en prière date de cette époque. La seconde rénovation, un siècle plus tard, donne au cloître son aspect définitif. L’ordre est dissous par l’empereur Joseph II en 1786. Une garnison de soldats occupe alors la place puis les artisans prennent le relais. L’ancien monastère échappe à sa reconversion en manufacture textile. En 1928, le musée y installe ses collections archéologiques.
Le réfectoire d’été, baroque avec stucs et plafond peint, abrite une importante collection numismatique, l’occasion de découvrir quelques pièces celtes de Ptuj et Ormož.
Dans la crypte, la reconstitution d’un sanctuaire dédié à Mithra, découvert à Spodnja Hajdina en 1901, permet de vous familiariser avec cette religion originaire de Perse, répandue aux premiers siècles du christianisme parmi les Romains et qui a été introduite par les soldats sur le sol d’Europe. Le culte initiatique était réservé exclusivement aux hommes. Le lapidaire occupe le rez-de-chaussée de l’ancienne église. Les stèles funéraires sont attribuées aux soldats et vétérans de la VIIIe légion Augusta et de la XIIIe légion Germina qui étaient stationnés à Ptuj (Poetivo). Les bas-reliefs représentant les Nourrices des IIe et IIIe siècles sont de toute beauté. La Nutrices Augustae était vénérée par les femmes et enfants qu’elle était censée protéger. Les Celtes pratiquaient déjà ce culte.
A l’étage sont rassemblées des pièces romaines (bijoux, verrerie, poterie…) ainsi que des poteries slaves. Le musée a été rénové.