Le plus ancien monastère du pays (1132) a été fondé par le patriarche d’Aquilée Peregrin. Trente ans après la fondation de l’ordre des Cisterciens, les moines arrivent sur le site de Stična avec le constructeur Michel Cementarius. Au XVe siècle, les invasions turques provoquent d’importants dégâts. L’abbaye connaît son plein épanouissement 2 siècles plus tard. A la fin du XVIIIe siècle, l’ordre est dissous par Joseph II et la vie monastique ne s’exerce à nouveau qu’à partir de 1898.
L’église abbatiale à trois nefs, baroquisée, conserve de ses origines romanes d’étroites fenêtres en rangée double. Parmi les belles pièces : le monument funéraire (1623) de l’abbé Jakob Reinprecht, le buffet d’orgue (1747) et le chemin de croix dont les quatorze stations sont l’œuvre de Fortunat Bergant (1766). Au sud, arrêtez-vous sur la beauté des figures décoratives pour admirer les fresques du XIVe siècle : allégories des Quatre Vents et des Quatre Vertus, patriarches et prophètes des voûtes d’arêtes du cloître. Le réfectoire avec son plafond rose, orné de stucs, mérite le coup d’œil. La bibliothèque ne possède plus les ouvrages du XIIe siècle, désormais placés à la Bibliothèque nationale et universitaire de Ljubljana.
Au XVIe siècle, l’abbaye a été prolongée par un bâtiment à deux étages. Le vestibule de la triple voûte d’arêtes est décoré de motifs végétaux, floraux, de baies et d’oiseaux. Cette aile est appelée abbaye de Neff, du nom de son abbé. Le côté sud a été fermé au XVIIIe siècle pour former une cour baroque. Un double escalier mène à la salle appelée chapelle de l’Abbé, de la fin XVIIIe siècle, finement décorée. Du côté nord, la cour est fermée par l’ancienne prélature qui accueillait, parmi ses hôtes de passage, les cavaliers. La tour marquait autrefois l’entrée principale. Le vestibule est orné de stucs (1620) d’une grande beauté représentant les Pères de l’Eglise et le Jugement dernier. La cour et ses abords ont été rénovés. Faites le tour extérieur de ce vaste ensemble pour apprécier son importance.
Dans le Musée religieux ouvert en 1985, objets de culte, mobilier, statues, côtoient l’œuvre du missionnaire Friderik Baraga, originaire de Trebnje et qui se rendit au XIXe siècle en Amérique du Nord pour évangéliser les Indiens Chippewa. Le guide du monastère existe en français (2 €).
