C’est la deuxième carte postale après le Pain de Sucre. Le Christ Rédempteur dressé debout, les bras en croix au sommet de la colline Corcovado, bénit et protège la ville. On découvre de cet endroit magique une vue merveilleuse de la baie de Guanabara, des plages de la Zona Sul, de la lagune Rodrigo de Freitas, de la zone nord avec le Maracanã. Lorsque le temps est beau et que la visibilité le permet, on découvre parfaitement toute la chaîne de montagne dans laquelle se logent les villes impériales Petrópolis et Teresopolis. Si jusqu’à présent vous n’avez pas été sensible à la beauté de Rio, aucun doute qu’après cette promenade vous ne vouliez plus partir de cette ville.
A aucun moment ce surnom de Ville Merveilleuse n’aura plus été mérité qu’en admirant la vue unique depuis le sommet de cette montagne. Le spectacle est inoubliable. Vous pouvez y accéder en voiture par la rue Cosme Velho ou par le train à crémaillère centenaire, ou, si vous voulez perdre quelques kilos, y aller à pied (plus de 3 heures de marche depuis le Parque Lage…). Le Corcovado est le nom de la montagne (le bossu, nom donné à cause de sa forme) sur laquelle est juchée la statue du Christ Rédempteur ; la montagne qui fait 709 m d’altitude est recouverte d’une épaisse forêt verdoyante appelée la forêt de Tijuca. Sous l’Empire, Dom Pedro adorait faire des promenades à cheval jusqu’au sommet ; il emmenait même plusieurs membres de sa cour et organisait des pique-niques à l’ombre d’un petit pavillon qu’il avait fait construire au sommet. Le pavillon fut détruit lors du projet de construction du Christ. La forêt est secondaire, c’est-à -dire que ce n’est pas la forêt d’origine : le colonel Archer eut la charge de la replanter après qu’elle a été dévastée lors de la colonisation. Soixante mille jeunes arbres provenant non seulement de la Forêt Atlantique, la forêt originale, mais aussi d’autres provenant d’Asie, de Malaisie et d’Afrique y furent introduits en l’espace de trente ans. Le train du Corcovado fut inauguré le 9 octobre 1884 par l’empereur Dom Pedro avec une locomotive à vapeur. En 1910, il devint le premier chemin de fer électrifié du pays, utilisant des trains à capacité pour 70 passagers. Les trains actuels, d’origine suisse, ont commencé à circuler en 1979. Ces trains ne polluent pas et une partie de la vente des billets d’entrée revient à la préservation de la forêt de Tijuca.
Sans le train, la construction du Christ aurait été impossible ; en effet, on eut recours à lui pendant cinq ans pour monter les quelque cinquante blocs jusqu’au sommet, ainsi que le ciment norvégien qui en fait sa base. La sculpture est classée par le patrimoine historique ; le Christ fait 31 m de hauteur et 27 m de largeur d’une main à une autre et pèse 1 145 t, tout ceci sur un socle de 8 m de haut. Il est recouvert de pierre de savon, une roche qui sort molle de la terre et durcit au contact de l’air. Cette œuvre fut financée par le Vatican et fut édifiée pour célébrer les cent ans d’indépendance du Brésil sous la présidence de Getúlio Vargas. Prévue pour être terminée en 1922, elle fut inaugurée avec un peu de retard, neuf ans plus tard, le 12 octobre 1931. Les mains et le visage furent sculptés par le Français Paul Landowski ; sous la sculpture, on trouve une petite chapelle dédiée à la patronne du Brésil, santa Aparecida, sainte des miracles.





