Commencée en 1564, la cathédrale sera achevée un siècle plus tard. Les pierres volcaniques roses de sa façade ont été arrachées à la citadelle de Saqsaywamán. Ladite façade Renaissance, sobre, contraste avec le style plateresque chargé de l’intérieur. En forme de croix latine, l’édifice comporte une salle du chapitre, trois nefs, une sacristie et pas moins de dix chapelles latérales, le tout orné d’objets en cèdre taillé (doré à la feuille ou en argent repoussé) et de près de 400 toiles peintes. Jesús, María, José et el Triunfo sont les chapelles latérales ; la deuxième est en fait la cathédrale primitive, construite en 1539 sur l’emplacement du palais de Wiracocha. On y admirera un autel en pierre et la nef où repose Inca Garcilaso de la Vega. Le nom de la chapelle (triomphe) vient de la Virgen del Triunfo qui aurait sauvé la vie de 200 Espagnols lors du siège de Cusco par Manco II.
La cathédrale abrite un chœur du XVIIe siècle, dont les sièges en cèdre sont de véritables œuvres d’art. Ici les styles s’entrechoquent mais éblouissent : autel central rococo de la Santísima Trinidad, retables churrigueresques, chaires baroques… Dans la sacristie, c’est l’impressionnante collection de meubles coloniaux et un Christ en croix attribué à Van Dyck qui attirent le regard. Dans les chapelles, la profusion de peintures de l’école de Cusco (Sinchi Roca, Marcos Zapata et Diego Quispe Tito) transforme la cathédrale en un musée (on notera la toile intitulée la Ultima Cena, où apparaît un cuy, témoin précoce du syncrétisme en marche). El Señor de los Temblores montre un Christ à la face noircie par la fumée des cierges qui brûlent sans cesse à proximité. Mais la pièce maîtresse de l’église est un ostensoir d’or de 22 carats de 1,20 m de hauteur, alourdi de plus de 2 000 pierres précieuses et pesant 27 kg.





