Cet espace dégagé au nord de la ville permet d’admirer les plus beaux spécimens de ces monuments symboliques dont le plus grand est une stèle de 33 m, couchée et brisée en plusieurs morceaux. Sculpté sur ses quatre côtés, l’édifice aurait pu s’effondrer lors de son érection faute d’une fosse suffisamment profonde pour soutenir ses 400 tonnes. La tradition populaire y voit quant à elle la marque des pillages de la reine Gudit, désireuse de récupérer les décorations d’or qui ornent le sommet des monuments. Pour d’autres, cet effondrement, considéré comme un signe divin, aurait précipité la conversion de la ville au christianisme.
Une fosse plus importante marque (ou marquait) l’emplacement d’une deuxième stèle de 28 m, dérobée lors de l’occupation italienne en 1937. A l’époque, le transport du monolithe de 200 tonnes avait donné lieu à une entreprise épique obligeant les Italiens à découper le bloc en cinq morceaux, dont l’un a été d’ailleurs oublié sur place, avant que la stèle ne soit reconstituée pour être érigée sur une place romaine. La restitution de ce symbole à son pays d’origine a fait l’objet d’un véritable feuilleton. La stèle est aujourd'hui de retour et devrait être redressée pour votre passage.
Une troisième stèle de ce qui aurait pu être un alignement dont la signification n’est pas établie culmine à 24 m. Connu sous le nom de « stèle d’Ezena », le monument compte neuf étages et un soubassement à degrés avec sculptures de feuilles de vigne et de petites excavations qui rappellent étrangement le jeu de gabeta, encore très populaire en Afrique.
Il est admis que ces monuments funéraires symbolisent des maisons à étages, avec leurs décors de fenêtres, leurs portes à serrures encadrées de ces motifs de « têtes de singe » typiques de l’architecture axoumite et que l’on retrouve dans de très nombreux édifices civils et religieux postérieurs à cette époque. Le sommet en croissant (symbole païen arabique ?) des édifices arborait certainement des décorations métalliques, comme le prouvent les traces visibles d’oxydation.
