Cette église est sans doute la plus difficilement accessible, en raison de sa situation spectaculaire, enfouie comme elle est au cœur d’un piton rocheux, que l’on aperçoit depuis Mariam Korkor au bout de la façade rocheuse qui s’étire vers le nord-ouest. Après une bonne heure d’ascension, nombreux sont ceux qui abandonnent dans la dernière ligne droite : un petit à-pic percé de trous irréguliers où il faut s’agripper, pieds et mains, quelques branches mortes servant accessoirement de rampe. Ceux qui passent l’obstacle ne le regrettent pas. Les fresques qui ornent le sanctuaire ont en effet été décrites comme les plus raffinées jamais découvertes dans la région du Tigré. Sur le plafond de l’entrée, neuf personnages en cercle sont identifiés par des inscriptions comme étant huit des apôtres et, selon une thèse non confirmée, le frère du Christ y serait représenté. Sur l’autre dôme, huit personnages dans la même posture représentent huit des neuf saints syriens, responsables, selon la tradition, de l’évangélisation du pays à partir du VIe siècle. Le neuvième, Abouna Yemata lui-même, est représenté à cheval sur l’un des murs. La fraîcheur des couleurs est un indice permettant de dater ces peintures du XVe ou XVIe siècle.
