La cérémonie du Labourage royal célébrée en avril ou en mai, est la première des fêtes agraires traditionnelles. Jadis, au jour faste déterminé par les astrologues, le roi en personne traçait les premiers sillons dans une rizière sacrée de sa capitale, ouvrant ainsi la période des labours dans tout le royaume.
Aujourd’hui, le rite du labourage est accompli par un homme, désigné sous le nom de roi de Meakh, qui conduit l’attelage et la charrue, suivi d’une femme, la reine Me Huor, qui sème à la volée les meilleures semences. Après avoir effectué trois fois le tour de la rizière sacrée, le cortège s’arrête devant une chapelle où les brahmanes invoquent la protection des anciens dieux sur les travaux des champs. Les bœufs sacrés sont alors dételés et conduits devant des plateaux d’argent contenant du riz, du maïs, des haricots, etc. En fonction du choix des animaux, on tire les présages pour l’année à venir. S’ils choisissent l’une des céréales, la récolte sera bonne. S’ils mangent de l’herbe fraîche, des épizooties sont à craindre. S’ils boivent de l’eau, les pluies seront abondantes et la paix régnera  ; mais s’ils se dirigent vers le plateau d’alcool, des troubles éclateront dans le royaume.
