
A la Mercerie, on est très doué pour faire du changement dans la continuité. Le décor s'est dépouillé et rajeuni, les couleurs sont rafraîchies, l'éclairage revu mais toute l'ambiance familiale et tellement conviviale est restée. A commencer par la sacro-sainte patronne, Nathalie Millan, qui continue de virevolter et de plaisanter et d'accueillir et de servir avec des airs de fille à la jeunesse éternelle. Derrière la porte qui bat, tout au fond, Michel, le mari, n'en finit pas de nous cuisiner des plats de très belle tenue, tous traditionnels, copieux et sacrément bons. La carte reste traditionnelle et maîtrisée. On aime retrouver les points de repères que sont la tête de veau, les rognons blancs à la moutarde à l'ancienne ou la salade vosgienne. Mais le chef sait se la jouer plat-du-jour et suggestion du moment et faire afficher des propositions toutes en honnêteté saisonnière comme l'escalope de veau à la crème d'artichauts (un sommet d'onctuosité) ou un filet de bœuf au Madère à couper à la cuiller tellement il est tendre. Les surprises ne manquent pas ici. Le délice aux mirabelles, la tarte aux pommes flambées ou la mousse aux deux chocolats en font partie. Ces desserts faits maison sont exquis et bouleversants de simplicité. Et c'est l'un des points forts de cette immense maison : savoir manier le goût du jour tout en restant fidèle à son éthique originelle. C'est bien pour ça que cette adresse est inscrite à jamais, comme une Institution, dans le paysage chaleureux du quartier des 3-Maisons.





