On ignore la date exacte de la fondation de cette fabuleuse cité, que le géographe El Bekri, du XIe siècle, fait remonter à l’an 140 de l’hégire (792 de notre ère). Du IXe au XIe siècle, Sijilmassa est la capitale et le centre économique d’un royaume indépendant, limité au nord et au sud par l’Atlas et le désert, à l’est et à l’ouest par le Drâa et le Ziz. Important centre caravanier entre le Maroc, le Mali, le Soudan ou le Niger, Sijilmassa assure le commerce de denrées précieuses, comme le sel, les dattes, les étoffes, et l’or ainsi que d’autres métaux. Avec une population de 100 000 habitants, elle est même la rivale directe de villes comme Fès ou Marrakech. On ignore les raisons de la disparition de Sijilmassa, mais on sait qu’elle est mise à sac en 1362 par des nomades arabes. Lorsque Léon l’Africain s’y rend en 1550, il ne reste déjà de la ville que ruines et vestiges d’une splendeur passée. Supplantée par Rissani, elle est définitivement détruite et rasée au XIXe siècle. Une fois sur le site, on a du mal à imaginer que c'est là le berceau d’une civilisation dont l’influence s’est étendue sur toute l’Afrique du Nord. En effet, il n’y reste que quelques murs éboulés et des monticules de terre laissant libre cours à l’imagination.
