Cette superbe résidence, la plus ancienne de la place, est connue sous le nom de Casa de don Luis Chacón, le gouverneur militaire qui l’a fait construire au tout début du XVIIIe siècle. Don Luis Chacón s’est vu confier à trois reprises la charge de gouverneur militaire de Cuba, un honneur et surtout une responsabilité qui n’étaient presque jamais aux mains des criollos, ces descendants d’Espagnols nés à Cuba, auxquels la couronne préférait des Espagnols de pure souche… Le palais de Casa-Bayona présente l’une des plus harmonieuses façades de l’architecture coloniale cubaine. Son sol de marbre rouge, ses plafonds de bois précieux semblent l’avoir destiné à de plus hautes fonctions que celles qui lui ont été échues. Siège de la chambre des notaires jusqu’en 1933, il accueille ensuite la rédaction du journal La Discusión. C’est d’ailleurs en ces temps de république qu’il prend le nom de Casa-Bayona, pour honorer la mémoire de cette ancienne famille noble à laquelle il n’a jamais appartenu… Après la révolution cubaine et la restauration des lieux, le palais devient un musée d’Art colonial. Sept merveilleuses salles d’exposition permettent d’y entrevoir le luxe dont s’entouraient les classes les plus aisées de l’époque coloniale : mobilier de bois précieux, somptueuse vaisselle, vases de Sèvres, cristaux de Murano, argenterie… Parmi les meubles cubains les plus typiques, vous noterez ce qui s’appelle ici le taburete et qui n’est pas un tabouret, puisqu’il s’agit d’une chaise rembourrée au dossier étroit, et le tinajero, une sorte de cellier à l’intérieur duquel l’eau destinée à la consommation est filtrée à l’aide d’une pierre, et maintenue au frais dans une jarre. La maison qui abrite le musée actuellemet fermé pour rénovation est un exemple typique de l’architecture domestique du XVIIIe siècle.
