La ville fut construite par le roi Duttabaung, le même individu qui, selon la légende, est tenu pour responsable de la chute de Beikthano, l’autre capitale pyu. D’autres figures folkloriques prirent également part à la création du site : Gavampati, Rishi, Naga, Garuda, Candi et Parameswar, autant de personnages légendaires qui mettent leur grain de sel dans de nombreuses histoires birmanes.
Le tracé de la ville fut dessiné sur le sol, un cercle indiquant l’enceinte où devait venir s’inscrire la future capitale. Régnant sur cette nouvelle cité, Duttabaung tenta à moult reprises d’attaquer Beikthano, et d’en capturer la princesse, mais se heurta à une résistance farouche, riche en stratagèmes. Finalement, il eut raison de la rebelle et de sa ville et put enfin régner en maître tout-puissant sur la région. Malheureusement, ses successeurs furent de piètres souverains et la ville rendit l’âme cinq siècles plus tard.
Les origines folkloriques attribuées à la création de cette capitale ne coïncident pas avec les sources historiques concernant le site. De telles divergences n’étonnent plus personne ! Une chose est sûre : la ville aurait vu le jour au cœur de l’époque pyu, entre le Ier et le Xe siècles. Notons que les historiens se réservent une marge d’erreur sympathique en avançant ces dates !
Les pagodes de Sriksetra se distinguent nettement de leurs consœurs qui parsèment le reste de la Birmanie. Deux édifices sont tout particulièrement spécifiques : la pagode Bawbawgyi est coiffée d’un chapeau ovoïde tandis que Payama a une forme tubulaire. La première est une véritable antiquité, qu’on se le tienne pour dit. Bawbawgyi serait en effet la plus ancienne pagode de la région. La pagode Bebe est, quant à elle, de forme cubique. Le bouddha assis qui s’y dresse est installé sur une fleur de lotus, et touche la terre tandis que sa main droite est posée sur ses genoux. Attitude peu courante pour un bouddha qui nous a habitués à des poses bien réglementées.
